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 Les courants litteraires en france

         
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: 27/03/2008

: Les courants litteraires en france    24, 2008 8:34 pm

Les courants litteraires en france

Le romantisme

Le romantisme est un courant artistique d'Europe occidentale apparu au cours du XVIIIe sicle en Grande-Bretagne et en Allemagne, puis au XIXe sicle en France, en Italie et en Espagne. Il se dveloppe en France sous la Restauration et la monarchie de Juillet, par raction contre la rgularit classique juge trop rigide et le rationalisme philosophique des sicles antrieurs.
Le romantisme s'esquisse par la revendication des potes du je et du moi , qui veulent faire connatre leurs expriences personnelles et faire cesser cet aspect fictif attribu aux pomes et aux romans. Le romantisme se caractrise par une volont d'explorer toutes les possibilits de l'art afin d'exprimer les extases et les tourments du cur et de l'me : il est ainsi une raction du sentiment contre la raison, exaltant le mystre et le fantastique et cherchant l'vasion et le ravissement dans le rve, le morbide et le sublime, l'exotisme et le pass. Idal ou cauchemar d'une sensibilit passionne et mlancolique, ses valeurs esthtiques et morales, ses ides et thmatiques nouvelles ne tardrent pas influencer d'autres domaines, en particulier la peinture et la musique.
Le ralisme en France
Le courant raliste est apparu en France entre 1850 et 1890. Il soppose alors au romantisme de la premire moiti du sicle. Le concept du ralisme se manifeste aussi bien en littrature avec Champfleury et Louis Edmond Duranty, et par la suite Émile Zola et Guy de Maupassant, quen peinture avec Gustave Courbet. En effet, ce terme fut utilis pour la premire fois, presque comme une insulte, par les critiques propos d'un tableau de Courbet, le fameux Enterrement Ornans. Cette conception du ralisme, en littrature, aboutit en 1880 la thorisation du naturalisme par Émile Zola.
Les prcurseurs du ralisme social (associ au parcours amoureux) au sicle prcdent sont Marivaux avec le Paysan parvenu (1735) ou la Vie de Marianne (1741), l'abb Prvost avec Manon Lescaut (1731) ou Restif de la Bretonne avec le Paysan perverti (1775).
Le ralisme, en littrature comme en peinture, tranche nettement avec lenseignement de lAcadmie : les artistes ralistes refusent toute espce d'idalisme mensonger, qui donne de la ralit humaine et sociale une vision aseptise, la fois incomplte et fausse. Mais ces changements ne sont pas du got de tous : on leur reproche leur vulgarit, leur manque de got , voire leur obscnit. La polmique prend une telle ampleur que Madame Bovary, le clbre roman de Gustave Flaubert, pourtant trs critique l'gard du ralisme, mais embrigad malgr lui dans ce courant, est traduit en justice pour immoralit en 1857, la mme anne que Baudelaire pour ses Fleurs du mal. De mme Zola, le fondateur du naturalisme, est tympanis dans tous les journaux bien-pensants, ce qui n'empche pas ses romans de trs bien se vendre. Les grands romanciers dont il se rclame, Balzac et Stendhal que l'on redcouvre dans les annes 1880 connaissent aussi un vif succs auprs du public, succs qui stend toute lEurope.
Zola insiste beaucoup sur l'influence de l'hrdit et de l'ducation, et s'appuie sur des thories qui, pour avoir t inspirs par la mdecine exprimentale de Claude Bernard, se veulent scientifiques pour peindre une ralit souvent crue. Aussi les Rougon-Macquart provoquent-ils un scandale, en dcrivant par exemple l'alcoolisme et la prostitution, ce qui contribue leur assurer de gros tirages. Mais peu aprs le naturalisme semble s'puiser et perdre de son influence. En 1891, dans la clbre enqute de Jules Huret sur l'volution littraire, la majorit des hommes de lettres interrogs saccordent sur le fait que le naturalisme franais a fait son temps. Des romanciers, qui se piquent de psychologie ou s'inscrivent dans la mouvance symboliste, semblent devoir succder aux romanciers ralistes. Quant des romanciers indpendants de toute cole, tels Octave Mirbeau ou Joris-Karl Huysmans, qui ont subi un temps l'influence du ralisme/naturalisme littraire, ils s'en affranchissent vite et ils remettent en cause ses prsupposs pour tracer des voies nouvelles.
Ce que l'on reproche alors au ralisme, c'est sa superficialit et son incapacit percevoir la profondeur des tres et des choses pour s'attacher des dtails (le fameux bouton de gutres ) ; c'est sa prtention nave peindre objectivement le monde, travers des verres qui ne seraient pas dformants ; c'est aussi son refus de l'art, accus de mensonge, au nom de la vrit sacralise.
Malgr cette dfaite, le naturalisme se perptue ltranger, o des auteurs prennent exemple sur le naturalisme franais antrieur : ainsi le naturalisme belge donne naissance au livre Sedan de Camille Lemonnier qui fut ddi au matre raliste, Émile Zola.
Les mots ralisme et naturalisme sont, certes, proches, mais ne signifient pas tout fait la mme chose pour autant. En effet, quand Champfleury parlait de ralisme, il dsignait simplement la littrature du vrai, la volont de reproduire le rel. Cest Émile Zola qui en premier utilisa le terme naturalisme en 1880 dans son clbre essai Le Roman exprimental. Émile Zola donne alors une nouvelle dimension au ralisme, il y ajoute une facette qui se prtend scientifique et qui est suppose permettre une analyse objective de problmes ou de faits tels que lhrdit et lalcoolisme.

Le naturalisme

L'cole naturaliste
Pour certains, le naturalisme n'est qu'une seconde tape du ralisme, pour laquelle un nouveau terme n'est pas mme ncessaire. Pour d'autres, le naturalisme constitue le courant majeur qui regroupe Maxime Gorki, Maupassant, Émile Zola, Gustave Flaubert, Lon Tolsto et Anton Tchekhov. Nombreux sont ceux - pour ne pas dire la plupart - qui utilisent les termes ralisme et naturalisme alternativement, indiffremment ou associs. Cette confusion est due l'absence de thorie claire du ralisme lui-mme; elle est aussi imputable Émile Zola qui, dans sa volont d'annexer au naturalisme de prestigieuses signatures antrieures, attribue le qualificatif de naturalistes des auteurs comme Balzac, Stendhal, Flaubert (Les Romanciers naturalistes, 1881). Il faut diffrencier Zola, le scientifique, et Balzac, le sociologue, qui dans La Comdie Humaine tente dexaminer toutes les couches sociales de la population.
Selon le dogme littraire, le ralisme constitue la notion largie, tandis que le naturalisme est la notion plus restreinte puisqu'il utilise et accepte comme prmices tous les principes fondamentaux et la thmatique du ralisme. Cependant, l'cole naturaliste exige, si l'on s'en tient la thorie de Zola, que l'crivain applique une mthode strictement scientifique qui se rapproche de celles mises en uvre par les sciences naturelles, et qui avait t utilise pour la premire fois dans la critique positiviste des phnomnes littraires par Charles Augustin Sainte-Beuve et Hippolyte Taine. Auguste Comte avait, en effet, affirm, dans son Cours de philosophie positive (1830-1842), que l'art, parvenu au stade positif , obissait aux mmes lois que la science. Suivant le positivisme, Taine va alors s'attacher dcouvrir les lois qui rgissent la littrature. C'est ainsi qu'il soutient que la race, le milieu naturel, social et politique et le moment au cours duquel est cre une uvre littraire dfinissent ses traits spcifiques et son volution (Introduction l'histoire de la littrature anglaise, 1863-1864).
C'est dans la prface de Thrse Raquin et surtout dans le Roman exprimental (1880) que Zola formule sa thorie. Prenant comme modle le docteur Bernard de la Mdecine exprimentale (1865), et suivant sa mthode pas pas, Zola considre que le romancier est fait d'un observateur et d'un exprimentateur . L'observateur choisit son sujet (l'alcoolisme, par exemple) et met une hypothse (l'alcoolisme est hrditaire ou est d l'influence de l'environnement). La mthode exprimentale repose sur le fait que le romancier intervient d'une faon directe pour placer son personnage dans des conditions qui rvleront le mcanisme de sa passion et vrifieront l'hypothse initiale. Au bout, il y a la connaissance de l'homme, la connaissance scientifique, dans son action individuelle et sociale.
Pour rendre sa thorie plus accessible aux lecteurs, Zola se met lui mme en scne, dans l'uvre sous le patronyme transparent de Sandoz, dans le personnage de l'crivain. Sandoz est visiblement compos de la runion du nom de Sand (l'crivain que dans sa jeunesse Zola disait admirer le plus) et de oz (le dbut de "Zola", retourn). Il fait dire Sandoz :"...J'en sais dont le crne est trop diffrent du mien,pour qu'ils acceptent jamais ma formule littraire, mes audaces de langue, mes bonhommes physiologiques, voluant sous l'influence des milieux...".
Le naturalisme franais semble se limiter, en dehors de Zola, Guy de Maupassant, Valls, aux frres Goncourt et peut-tre Alphonse Daudet (1840-1897). Les autres membres du groupe de Mdan, Paul Alexis (1847-1901), Henri Card (1851-1924), Lon Hennique (1851-1935) sont presque oublis. Quant Octave Mirbeau, qu'on a souvent rang parmi les naturalistes son corps dfendant, il a toujours vivement critiqu la doctrine zolienne. Ainsi, le naturalisme a vite t vent dans son propre pays et a rapidement t abandonn par ses partisans littraires. Huysmans, dans À rebours (1884), rompt avec l'cole de Zola et se tourne vers un spiritualisme teint de surnaturel (L-bas, 1891). En 1887, Maupassant, dans la prface de son roman Pierre et Jean (1888), souligne que l'objectivit est impossible en littrature. La mme anne, le Figaro publie le Manifeste des cinq qui protestent contre l'extrmisme de Zola dans La Terre. En 1891, tous les hommes de lettres s'accordent pour dire que le naturalisme est mort.
Mme critiqu, le naturalisme suscite partout l'intrt. D'un ct, des protestations s'lvent contre le matrialisme du naturalisme, le dterminisme de l'hrdit et de l'environnement, tandis que l'assimilation de l'homme l'animal soulve un vritable toll. La critique polonaise constate que si les naturalistes ont observ qu'il y a toute la bte dans l'homme , ils n'ont pas su distinguer que dans la bte il n'y avait pas tout l'homme . D'un autre ct, le naturalisme reoit un accueil trs positif, car il enrichit la thmatique du genre romanesque par l'introduction de sujets nouveaux tels que l'influence de l'environnement sur le comportement humain ou encore l'injustice sociale, et il renouvelle l'criture romanesque par la vivacit picturale et colore des descriptions.
Les campagnes en faveur de l'Assommoir, puis de Germinal, concident avec les dcouvertes des ralits sociales : l'cart entre la bourgeoisie, qui accumule les richesses et la classe ouvrire, pousse vers une pauvret extrme, ne cesse de se creuser. Le lancement d'une Europe deux vitesses, conforme au schma actuel Nord-Sud, Est-Ouest, remonte cette poque. La classe ouvrire prend conscience de sa situation et revendique activement par la grve et par une syndicalisation croissante (Premire Internationale ouvrire, 1864), la protection de ses droits et de ses intrts.
Ces dbats sociaux vont permettre au naturalisme belge de prendre son essor autour de l'uvre de Camille Lemonnier (1844-1913). Il donne Happe chair(1886), ddi Zola, roman de la classe ouvrire dans les usines sidrurgiques du Centre, et la Fin des bourgeois (1893), qui trace une pope familiale la manire des Rougon-Macquart. De mme, Georges Eekhoud (1856-1927) s'est intress tous les milieux dclasss. Sa Nouvelle Carthage (1888) est une vritable fresque sociale et une critique audacieuse du capitalisme triomphant. L'auteur le plus important du naturalisme en Flandre est Cyriel Buysse (1859-1932). Il dbute en 1890 avec la nouvelle De biezenstekker (Le Btard), dans laquelle il applique la mthode exprimentale de Zola. Il traite du sort des pauvres la campagne, dont la condition humaine sordide, bestiale et sans espoir est attribue l'injustice sociale. Une imagination visionnaire et un sens du dtail typique caractrisent ses uvres les plus connues, dont Het recht van den sterkste (Le Droit du plus fort, 1893). Enfin, le tardif Jours de famine et de dtresse de Neel Doff (1911) livre la description sans concession de la misre sociale vcue de l'intrieur.
Le vrisme italien s'inspire galement du naturalisme franais. Giovanni Verga, (1840-1922), situe l'intrigue des deux tomes I Vinti (Les Vaincus) - I Malavoglia (Les Malavoglia, 1881) et Mastro Don Gesualdo (Matre Don Gesualdo, 1889) - en Sicile, parmi les pcheurs et les paysans pauvres d'un ct, la bourgeoisie ascendante et la noblesse dcadente de l'autre. Le dterminisme du milieu y joue un rle important et se manifeste surtout dans le caractre des ruraux siciliens.
Le naturalisme allemand, dsign sous le terme naturalisme consquent , est le plus extrmiste d'Europe. Les jeunes crivains, sous l'influence d'auteurs trangers (Émile Zola, Charles Darwin, crivains scandinaves et russes), se rvoltent devant le ralisme tempr de la bourgeoisie et finissent par crer un art beaucoup plus radical que celui de Zola. Runis autour des frres Heinrich (1855-1906) et Julius Hart (1859-1930), Holz, Gerhart Hauptmann (1862-1945) et Herman Sudermann (1857-1928), ils largissent progressivement la thorie naturaliste dans une srie de textes thoriques. Holz et Johannes Schlaf (1862-1941) crent une criture connue sous le terme Sekundenstil (style seconde-par-seconde), grce laquelle la distance entre les choses et le rcit est abolie et o le temps du rcit concide avec le temps de l'histoire.
    
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